Hôtel des Arts TPM

→ 236 Boulevard Général Leclerc

Du 11 juillet au 31 octobre
Ouvert du mardi au samedi de 11h00 à 18h00.
Fermeture le dimanche, lundi, et les jours fériés.
Entrée libre

François Halard, L’esprit moderne : Escale en Méditerranée
photographie

Premier arrêt : Arles. François Halard y a posé ses valises il y a près de 30 ans. Dans sa maison cohabitent des marbres antiques et des dessins de Pablo Picasso, enfant terrible de la Méditerranée. Le voyage sur les rives de la Mare Nostrum commence par les racines latines de cette colonie romaine pour nous emmener, un millénaire plus tard, aux abords d’un paquebot dominant la Baie de Roquebrune, celui de la Villa E1027 construite par l’architecte irlandaise Eileen Gray. Erigée entre 1926 et 1929, cette maison est un manifeste du modernisme.
Chaque détail photographié révèle la minutie, la justesse et l’économie de moyens employées par Gray pour atteindre une modernité sensible et organique, sans ornementation. « J’ai photographié cet endroit comme le symbole antique de la Méditerranée, en y attachant une importance mythologique ».
François Halard rend hommage à la pensée et au geste architectural qui se sont précisément développés au cœur de la Villa, à travers la collaboration de Jean Badovici et l’intervention de Le Corbusier pour la réalisation de huit fresques « spatiales ». François Halard a saisi « L’invitation au voyage » inscrite sur les murs. Il continue sa route et tisse un lien fertile entre la Villa d’Eileen Gray et la reconstruction de la ville de Toulon.
170 kilomètres séparent Cap Moderne de la rade toulonnaise. Pourtant, François Halard repère la continuité de l’esprit moderne d’E1027 dans la renaissance architecturale de la ville. Du téléphérique au front de mer en passant par la mairie, la déchetterie, la piscine olympique ou l’ancienne Caisse d’épargne, l’artiste a photographié un Toulon caché, un Toulon secret. « Cette ville serait un chaos ponctué de bijoux à découvrir ».  
Des années 1950 à 1970, la ville s’est dotée de merveilles de l’art sacré pour répondre aux attentes des nombreux pieds-noirs venus d’Algérie. L’Eglise Saint Flavien Mourillon, la chapelle de la Transfiguration, l’Eglise Saint Marie les Routes en sont parmi les plus beaux exemples. François Halard déploie son regard, frontalement et simplement, dans des lieux dont il a su magistralement révéler l’harmonie moderniste. Il emprunte son point de vue à la photographie américaine d’après-guerre. Toulon lui rappelle les maisons californiennes d’Albert Frey capturées par Julius Shulman, le père de la photographie d’architecture. Dénuées de toute âme qui vive, les photographies de François Halard nous transportent dans une certaine nostalgie des années 1970 pour redonner goût et beauté à cette architecture longtemps décriée. Le voyage s’achève enfin au bout du port militaire. Un port historique qu’il illustre par de puissants symboles : le fort de la Tour Royale (1514-1524), le lance-torpille d’un Redoutable ou encore le Mistral, un des trois porte-hélicoptères d’assaut de l’armée française. Non loin, les graffitis des galériens corses révolutionnaires réaniment le passé mouvementé de Toulon. La ville où l’horizon omniprésent « souligne l’infini » (Victor Hugo).

Josephine Dupuy Chavanat

Alexandre Benjamin Navet
dessin

Le travail de François Halard dialoguera avec celui d’Alexandre Benjamin Navet, jeune artiste lauréat du Grand prix Design Parade 2 Toulon en 2017, qui viendra recouvrir la façade de l’Hôtel des arts.

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