Sara Favriau

CAIRN OU LE CERCLE VERTUEUX

EN PARTENARIAT AVEC LA FONDATION CARMIGNAC

Cairn ou le Cercle vertueux est une installation de grumes de Pin d’Alep sculptés. Ici, des arbres de
la forêt de Font-Blanche viennent dans un parc et dans une architecture : le pigeonnier du parc de la villa Noailles. Ils composent et traversent l’espace, ils le scénographient. L’œuvre évoque deux formes d’architecture, l’une primaire, la nature, et l’autre symbolique, le temple. En intervenant sur la morphologie de l’arbre, en le sculptant, la nature se transpose en monument : le tronc devient le fût d’une colonne ou d’un pilier. Par la sculpture l’arbre s’hybride, il prend des airs chimériques. L’œuvre donc, équivoque, questionne notre rapport à la fascination, et par là notre rapport à la nature. Une fascination mêlée au tiraillement, causée par le mal qu’induit l’intervention de l’artiste sur une matière vivante, face à la grâce de trois arbres qui s’invitent dans une institution.

Ces grumes ne proviennent pas de l’abattage. Ce seront des arbres dépéris, de mort « naturelle », ils ont été sélectionnés en collaboration avec des chercheurs biologistes de l’Institut national de la recherche agronomique Avignon (INRAE). Leur déclin est une histoire malheureuse liée aux changements climatiques et aux sécheresses des forêts. Le Pin d’Alep est une espèce endémique de la région méditerranéenne. Ces arbres sont les marqueurs des enjeux des recherches de l’INRAE avec qui l’artiste collabore. De fait l’Unité de recherche des forêts méditerranéennes (l’URFM) travaille sur la réponse des arbres forestiers aux contraintes abiotiques. Les recherches permettent de comprendre les facteurs de résistance et de résilience des forêts pour anticiper et construire l’avenir. L’installation, au-delà de son statut environnemental et poétique, est une double réflexion autour de la posture, l’investissement et l’expérience, en commençant par l’idée d’une nature avec laquelle cohabiter, reconstruire une biocénose, tendre à la comprendre, entrevoir, éprouver ses limites... Enfin, tout simplement, rendre visible la forêt.

Photography : Luc Bertrand

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